Le printemps arabe dans le brouillard de la guerre

Publié le par Karim Lakjaâ

Le printemps arabe dans le brouillard de la guerre

Article de 2011 à relire

Les pays arabes connaissent une vague aussi puissante que celle qui a ravagé le Japon. Il y a désormais un avant et un après printemps arabe, comme ce mouvement de protestations populaires a été qualifié. Espérons qu’il ne finira pas comme le printemps de Prague qui a été interrompu par une intervention militaire.

Le début de l’année 2011 a donc vu l’irruption soudaine et inattendue des peuples arabes dans la sphère politique confisquée tantôt par des castes militaro-économiques (héritières en quelque sorte de l’Odjak de la colonisation ottomane) tantôt par des monarchies (parfois dites de droit divin).

En tête de ce mouvement figure la jeunesse arabe mondialisée et diplômée, présente chaque jour sur internet et notamment sur les réseaux sociaux, un monde qui représente un espace de libre expression.

Cette jeunesse refuse de vivre de manière schizophrénique, écartelée entre une réalité virtuelle qui lui permet sur le net d’approcher une liberté (certes contrôlée) et la société de consommation, et une réalité quotidienne composée de frustrations économiques, sociales et politiques. La liaison entre cette jeunesse et les autres couches de la population aux aspirations et exaspérations similaires a permis une occupation massive de la rue, une appropriation symboliquement significative de l’espace public et par conséquent de l’espace politique, sous les caméras des chaines diffusées sur toute la planète par satellite et avec le relais de millions d’internautes.

Cet article conduira le lecteur sur un espace géographique que les Etats-Unis dénomment MENA pour « Middle East and North Africa ». Il court des côtes atlantiques du Maroc à l’Irak, voire jusqu’au Golfe persique, l’Iran et le Pakistan.

Pour comprendre ce qui se passe actuellement sur ce vaste espace soumis à un processus formel de révolution politique (changement de régime, réformes, protestations) mais aussi psychologique (les Tunisiens et les Egyptiens l’ont fait) ainsi qu’à un type de violence qui n’est autre que la continuité de la politique sous une autre forme (Clausewitz) nous aborderons les points qui suivent :
1. La réaction des pouvoirs arabes
2. Le nouveau contexte stratégique
3. Le Croissant chiite
4. L’Afghanistan et le Pakistan
5. Le Sahel
6. La Libye
7. L’impasse militaire globale

 

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