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"Il ne s'agit pas tant de faire lire le lecteur que de le faire penser", Montesquieu

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Bagdad Mai 2002

3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 13:01
Lutte des classes et mondialisation : le XXe siècle s'achève

S'appuyant sur une masse considérable de faits et de documents accessibles à tous, confrontant ces matériaux aux ouvrages fondamentaux de la théorie marxiste, Daniel Gluckstein se propose de prouver que ce qu'on appelle "mondialisation" n'est que l'expression de la lutte des classes en régime capitaliste : lutte de la classe capitaliste pour abaisser constamment la valeur de la force de travail (le "coût du travail", comme il est convenu de dire aujourd'hui) ; lutte de la classe ouvrière pour se préserver, comme classe, de cette politique de destruction. Il ne s'agit ni d'un livre "sur l'économie", ni d'une thèse académique, mais d'une contribution théorique et politique au combat pour l'émancipation ouvrière.

Une contribution, donc, à l'organisation ouvrière indépendante qui est la condition de l'émancipation. Comme il le dit lui-même, cet ouvrage n'engage que son auteur. Il s'inscrit cependant dans une continuité : celle du courant marxiste dans le mouvement ouvrier, courant marxiste dont la IVe Internationale incarne aujourd'hui la permanence. Place à la discussion !

3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 12:13
Irak, les armées du Chaos, Michel Goya

Contrastant avec l'abondante littérature parue au moment de la chute de Bagdad en avril 2003 et célébrant la guerre éclair à l'américaine, les opérations de guérilla et de contre guérilla qui ont suivi n'ont jamais vraiment fait l'objet d'un travail de vulgarisation.

Cette lacune témoigne de l'embarras des experts face à ce qui apparaît aujourd'hui comme une sévère remise en question de la puissance militaire occidentale et de ses moyens d'actions classiques.

« Irak : les armées du chaos » du lieutenant-colonel Goya, de l'Etat-major des armées, comble cette carence en offrant pour la première fois au grand public une analyse tactique écrite par un analyste militaire des conflits au Moyen Orient.

Il décrit en détail les différentes facettes de ce conflit complexe depuis les premières attaques dans « le triangle sunnite » au printemps 2003 jusqu'au « sursaut » américain de 2007 et son succès relatif.

« Il est urgent de comprendre ce qui se passe en Irak avant de voir surgir, pour paraphraser Che Guevara, un, deux, trois Irak » lieutenant-colonel Goya.

3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 11:49
Les Indiens d'Amérique, préhistoire et archéologie, Dean Snow

Dépassé (1976) mais un livre fondateur.

Paris, La Courtille, 1977. In-4° de 255 pages, reliure de l'éditeur pleine toile illustrée, sous jaquette illustrée. Illustrations photographiques de Werner Forman, cartes.

2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 18:39
Eloge de la folie Érasme

Best-seller européen dès sa parution, l'Éloge de la folie (1511) met en scène la déesse Folie s'adressant facétieusement aux hommes pour leur montrer qu'elle gouverne le monde.

« Véritable dispensatrice de bonheur », fille d'ivresse et d'ignorance, Folie préside à toutes les circonstances de l'existence humaine : elle rend possibles le mariage et la maternité, régit chaque métier, soumet les rois et les prélats à son empire.


Dans cette courte déclamation parodique, parangon de l'éloge paradoxal et du jeu sérieux qu'affectionnent les humanistes, Érasme se plaît à louer « la Folie d'une manière qui n'est pas tout à fait folle ».

EAN13
9782081390720
ISBN
978-2-08-139072-0
Éditeur
Flammarion
Date de publication
Collection
GARNIER FLAMMARION
Nombre de pages
192
Dimensions
17 x 10 x 1 cm
Poids
170 g
Fiches UNIMARC
UTF-8 / MARC-8

Le livre en Pdf

1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 19:05
La Perse antique

LA PERSE ANTIQUE. Poche – 1978

karim.farouk.lakjaa - dans Ma bibliothèque Livre Histoire Iran Perse Antiquité
4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 21:59
Les guerres préhistoriques, Lawrence H. keeley

On croyait que la guerre ne commençait qu’avec la civilisation. Lawrence H. Keeley estime qu’au contraire, la préhistoire connut des conflits aussi fréquents que meurtriers.

Sur quels éléments basez-vous votre affirmation que la guerre préhistorique ou, pour reprendre votre formule, « la guerre d’avant la civilisation » était plus destructrice, plus fréquente et plus violente que la guerre moderne ?


Tout autour du monde, les archéologues ont exhumé des ouvrages préhistoriques dont il est évident qu’ils avaient des vocations défensives. Sans compter les nombreux restes de victimes de conflits, et une multitude d’armes qui seraient de peu d’usage à la chasse – et donc devaient servir à tuer d’autres hommes. Les fortifications, ne pouvant être utiles qu’à des sédentaires, n’apparaissent évidemment qu’avec le Néolithique, cette période débutant il y a environ 12 000 ans, caractérisée par la domestication des plantes et des animaux : Proche-Orient, Chine, Mexique, Pérou dans un premier temps. Puis le phénomène s’étend progressivement au reste du monde

Keeley Lawrence H., Les Guerres préhistoriques (traduction de War before Civilization par Jocelyne de Pass et Jérôme Bodin), Éditions du Rocher, Paris, 2002, 354 p., bibl., index, cartes

Vincent Chamussy
 
Il en va de la guerre primitive et/ou préhistorique comme de beaucoup de domaines étudiés par les scientifiques : l’idée dominante est régulièrement contestée par une nouvelle mode qui tient le haut du pavé pendant une décennie ou deux, avant d’être elle-même remplacée par une nouvelle idée, ou par la première remise au goût du jour. La thèse assez généralement admise jusqu’au début des années 1990, selon laquelle les sociétés dites « primitives » ou « préhistoriques » étaient pacifiques, est désormais battue en brèche par une série d’études et de publications dont les auteurs adoptent tous un point de vue « néo-hobbesien » selon lequel ces sociétés n’étaient pas moins violentes et guerrières que nos sociétés modernes1.

2Les découvertes de charniers contenant de nombreuses victimes de massacres comme celui de Djebel Sahaba en Nubie égyptienne, qui remonte à la fin du Paléolithique, ou ceux d’Offnet et de Talheim en Allemagne, ou encore de Fontbrégoua en France du sud-est, qui datent du Néolithique, ont contribué à répandre cette idée. La période « pré-Contact » des États-Unis n’est pas en reste avec les traces de massacre de Norris Farm, Illinois central (xiiie siècle), ou de Crew Creek, Dakota du Sud (xive siècle). Si, à l’appui de cette thèse, les monographies relatives à une période précise ou à une région déterminée sont nombreuses (en général l’Europe mésolithique et néolithique et l’Ouest américain), les études synthétiques sont plus rares. War before Civilization, paru en 1996 et qui a connu un grand succès aux États-Unis et en Angleterre, vient combler cette lacune. Son auteur, Lawrence Keeley, professeur d’anthropologie à Chicago, a fouillé des sites néolithiques en Belgique ainsi que des sites d’Indiens sédentaires « pré-Contact » sur la côte nord-ouest des États-Unis. L’intérêt, suscité par l’ouvrage original ainsi que la vigueur avec laquelle l’auteur y défendait sa position, justifiait largement qu’il fût traduit en français.

3Quelques erreurs d’impression (p. 271, note 38, lire « Ferguson 1984a et b » au lieu de « 1922a et b » ; même erreur note 39) et de traduction (p. 202, on trouve « pilleurs » au lieu de « pillards » ; p. 249, « anthropologiste » au lieu de « anthropologue » ; à la page 196, il convient de comprendre que la population des Maricopa est passée de trois mille à quatre cents âmes, et non à quatre mille âmes, ce qui rend le texte incompréhensible) ne gâtent pas vraiment l’intérêt du volume. On regrettera cependant que le lecteur francophone soit privé, sans doute pour des raisons d’économie, des illustrations photographiques car ces clichés se rapportent directement au texte. Le plus parlant d’entre eux, qui représente une scène de bataille chez les Danis de Nouvelle-Zélande, est heureusement repris dans le livre de Guilaine et Zamit (planche 3).

4Disons d’abord que le titre pose un problème, aussi bien dans sa version anglaise que dans sa traduction. En effet, l’auteur a de l’histoire, et donc de la préhistoire, une conception restrictive, la première naissant seulement à ses yeux avec l’apparition de l’écriture. « Before Civilization » renvoie aux « sociétés primitives » qu’il définit comme les sociétés « d’avant l’écriture », ou « sociétés prélettrées » ou encore « pré-étatiques ». C’est là une position que les américanistes accepteront difficilement, d’autant plus que Keeley ne considère comme véritable État, parmi les sociétés précolombiennes, que les Aztèques. On pourra également lui reprocher de ne pas définir clairement ce qu’il entend par « guerre primitive », ce qui l’amène à assimiler automatiquement les guerres tribales préhistoriques et celles relevées par l’ethnographie. Par ailleurs, la quasi-totalité des sociétés « préhistoriques » qu’il étudie sont des sociétés agricoles, donc déjà parvenues à un certain degré de complexité sociale. Les références aux chasseurs-cueilleurs, elles, sont pratiquement absentes, ce qui est très limitatif, puisque précisément les positions « hobbesienne » ou « rousseauiste » sur le thème se réfèrent à ces dernières. Pour les chasseurs-cueilleurs, l’auteur pose, il est vrai, le problème de la difficulté de prouver la présence ou l’absence de guerre, faute des deux principaux témoins matériels de son existence (fortifications et sépultures). « Absence de preuve n’est pas preuve de l’absence » et, inversement, on ne peut pas en déduire, comme le fait Keeley, que la guerre existait.

5La thèse principale de l’ouvrage est que la guerre dans les sociétés primitives était plus fréquente, plus destructrice et plus violente que la guerre moderne, que l’homicide était largement pratiqué : « tous les témoignages confirment la pratique de l’homicide depuis l’apparition de l’homme moderne et les traces de l’activité guerrière sont archéologiquement décelables partout depuis dix mille ans » (p. 115). Au passage, est rejetée la thèse de Ferguson selon laquelle les massacres dans les sociétés primitives seraient dus au contact avec les Européens ou d’autres civilisations. Entre le mythe de l’âge d’or et celui du progrès perpétuel, entre les néo-rousseauistes et les néo-hobbesiens, l’auteur choisit donc clairement son camp.

6Keeley commence par critiquer fermement la position de deux polémologues nord-américains des années 1950, Quincy Wright et Harry Turney-High, selon lesquels la guerre primitive était un aimable jeu, un passe-temps peu dangereux. Remarquons que l’auteur s’est facilité la critique en prenant pour cibles des auteurs aussi extrémistes et en omettant de passer en revue les œuvres d’anthropologues comme Service, Cohen, Sahlins, surtout Carneiro et Hass, pourtant adeptes d’un « passé pacifié », du moins chez les chasseurs-cueilleurs. Il est vrai que les recherches de ces derniers étaient axées sur le passage des sociétés de chasseurs-cueilleurs aux sociétés complexes alors que, comme nous l’avons vu, l’auteur évoque à peine les premières. Sa critique est dure aussi pour les préhistoriens : « les préhistoriens n’ont cessé « d’angéliser » le passé humain », par action ou par omission ; « l’implication est évidente : le phénomène « guerre » est inconnu ou insignifiant avant l’apparition de la civilisation » (p. 45). D’après Keeley, les archéologues, ingénus, sont tombés dans le piège des anthropologues idéalistes et néo-rousseauistes (p. 49). Cependant, sa démonstration a le mérite de rejeter tout évolutionnisme néo-darwinien en posant que « les peuples primitifs et préhistoriques étaient aussi intelligents, aussi moralement ambigus et aussi complexes psychologiquement que [les peuples modernes] » (p. 250), ce qui n’est pas tout à fait la position des anthropologues néo-évolutionnistes cités plus haut.

  •  

7Pour défendre sa position, l’auteur met en avant divers critères (fréquence de l’activité guerrière, taux de mobilisation, taux d’attrition2, taux de morts par combat, taux de morts annuels par type de sociétés), en prenant surtout ses exemples dans les guerres modernes (les deux guerres mondiales, celle du Vietnam, etc.), ethnologiques (dans toutes les parties du monde) et historiques (Grèce, Rome, guerres napoléoniennes, etc.). Le premier intérêt de l’étude tient sans doute à l’imposant travail de compilation de la documentation utilisée, aux très nombreuses données chiffrées, aux statistiques que l’auteur a réussi à rassembler ou à construire et à présenter sous forme de graphiques clairs, mais aussi à la justesse de la plupart des arguments avancés. La somme de connaissances réunies est encyclopédique, et on ressort convaincu, si on ne l’était pas déjà, que, un peu partout dans le monde et au moins depuis le Néolithique, la violence et la guerre ont fait partie du quotidien des peuples et que, en matière de raffinement dans la cruauté, notre époque moderne n’a rien inventé. Le passage le plus fort de sa démonstration est évidemment celui où il s’appuie sur ses propres données de fouille. Mais on est déjà au Néolithique et les populations concernées sont toutes agricoles.

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8D’où viennent finalement l’agacement et le sentiment diffus d’insatisfaction que l’on éprouve à la lecture de l’ouvrage ? D’abord peut-être du fait que l’on reste un peu sur sa faim en ce qui concerne les causes de la guerre. L’auteur démontre certes que la guerre a existé de tous temps, au moins depuis la sédentarisation, mais il demeure flou sur les raisons de la violence : les causes véritables semblent éludées, et Keeley ne prend pas partie entre les diverses théories qui existent sur ce point3. Qu’est-ce qui explique le mieux l’existence des « chiens de guerre » (p. 54) et autres « pommes pourries » (p. 193) ? Des facteurs d’ordre sociologique et biologique ou bien d’ordre économique ? Keeley ne choisit pas vraiment, même si la cause économique semble souvent avoir sa faveur : « les motifs et les objectifs de la guerre des États et des non-États sont substantiellement les mêmes et [...] les raisons économiques prédominent dans les deux catégories » écrit-il (p. 177). Cependant, il met aussi en avant des raisons d’ordre biologique et sociologique comme le prouve cet extrait : « l’état de guerre n’est pas une dénégation de la capacité de l’être humain à coopérer socialement mais l’expression la plus destructrice de cette capacité » (p. 234). Ce serait donc la capacité innée de l’homme à coopérer socialement, sa sociabilité dans ses excès, qui imposerait l’agressivité et la guerre... Pour reprendre la comparaison de l’auteur, ce n’est pas notre « hardware », c’est la façon dont nous sommes « programmés » qui nous impose notre conduite, ce qu’il appelle le « stimulus social et environnemental ». C’est un peu revenir au débat entre culture et nature, ou entre acquis et inné, et aux positions antagonistes de Leroi-Gourhan et de Clastres. On ne peut pas vraiment dire que ce livre nous fasse progresser dans ce débat ; on reste dans l’anecdotique ; des digressions fréquentes nuisent au fil du raisonnement, et le flou des arguments ne permet pas d’aller plus loin dans la recherche des racines profondes de la violence et de la guerre.

  •  

9Par ailleurs, l’usage immodéré de comparaisons entre sociétés ou populations peu ou non comparables finit par nuire à la crédibilité de l’ouvrage. Qu’on en juge par ces quelques exemples. Dès l’introduction (p. 14), l’auteur compare le pourcentage de morts violentes dans un village préhistorique californien qu’il a fouillé et celui des Américains et des Européens pendant tout le xxe siècle... Comment également comparer (p. 60 et note 10, p. 272) les taux de mortalité de la guerre du Vietnam (Américains et Vietnamiens réunis) et les taux d’homicides chez les Gebisi, une société de 450 personnes vivant dans les basses terres du Centre-Sud de la Nouvelle Guinée ? Et cela culmine avec l’affirmation de la page 148 : « 100 millions d’êtres humains sont morts des conséquences multiples et variées liées à la guerre [...] au cours du xxe siècle. Ce chiffre est vingt fois inférieur4 aux pertes qu’aurait subies la population du monde si ce dernier était encore organisé en bandes, tribus et chefferies ». Enfin, et dans le même ordre d’idées, la généralisation sur laquelle Keeley appuie tout son raisonnement – « à de très rares exceptions près, l’écrasante majorité des sociétés humaines connues (90 à 95%) se sont livrées à cette activité [la guerre] » (p. 57) – n’est-elle pas trop rapide ? Sous la plume de l’auteur, l’expression « sociétés humaines connues » se réfère, il faut le rappeler, aux sociétés historiques et ethnologiques et aux rares sociétés préhistoriques pour lesquelles des témoins matériels prouvent qu’elles ont pratiqué la guerre. Est ainsi laissée de côté l’immense majorité des sociétés préhistoriques.

10L’ouvrage se termine sur un vibrant plaidoyer en faveur d’un « plus » de civilisation, mais il est entaché par des réflexions moralisantes hors de propos et parfois ingénues, comme celle de proposer « de traiter nos partenaires commerciaux les plus proches avec des égards particuliers » pour éviter les conflits (p. 262) !

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Notes

1 Voir en particulier l’excellent livre de Jean Guilaine et Jean Zammit, 2001, Le sentier de la guerre, ou le point de vue, déjà plus ancien, de Pierre Clastres, Archéologie de la violence. La guerre dans les sociétés primitives. Du côté nord-américain on pourrait citer, par exemple, George Millner et al., « Warfare in Late Prehistoric West Central Illinois », American Antiquity, 56 (4), 1991, pp. 581-603.
2 Par « taux d’attrition » il faut entendre le rapport du nombre de personnes tuées ou blessées au nombre total de combattants.
3 Hass définit bien dans l’introduction de The Anthropology of War (1990), les trois écoles de pensée : matérialiste/écologique, représentée par B. Ferguson, R. Carneiro et lui-même, bioculturelle défendue par N. Chagnon et R. Dyson-Hudson, historique enfin avec C. Robarcheck, T. Gibson, T. Gregor et N. Whitehead.
4 Souligné dans le texte.
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Pour citer cet article

Référence papier

Vincent Chamussy, « Keeley Lawrence H., Les Guerres préhistoriques (traduction de War before Civilization par Jocelyne de Pass et Jérôme Bodin), Éditions du Rocher, Paris, 2002, 354 p., bibl., index, cartes », Journal de la société des américanistes, 89-1 | 2003, 236-240.

Référence électronique

Vincent Chamussy, « Keeley Lawrence H., Les Guerres préhistoriques (traduction de War before Civilization par Jocelyne de Pass et Jérôme Bodin), Éditions du Rocher, Paris, 2002, 354 p., bibl., index, cartes », Journal de la société des américanistes [En ligne], 89-1 | 2003, mis en ligne le 17 novembre 2005, consulté le 04 avril 2017. URL : http://jsa.revues.org/926

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Auteur

Vincent Chamussy

Doctorant, Université de Paris I

2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 19:17
Oran, capitale du Beylik de l'ouest (1792 - 1831) Bernard Caporal

Excellent ouvrage de Bernard Caporal, titulaire de 3 doctorats d'Etat en sciences économiques, sociales et politiques.

En 1962, au lendemain de l'indépendance de l'Algérie, il avait la responsabilité dans l'Oranie de cours d'alphabétisation et d'arabe pour adultes et de cours de soutien scolaire et a contribué à fonder des écoles primaires et secondaires. A l'université d'Alger, il a enseigné comme maître de conférences (1972-1986).

Il a ensuite rejoint l'université Jean Moulin Lyon III (1986-1997).

La période ottomane étudiée dans ce livre ne recouvre qu'une quarantaine d'années de son histoire. Elle n'en demeure pas moins essentielle, car elle a marqué radicalement son destin.

Occupée dès 1509 par l'Espagne qui la transforma en un préside majeur, elle fut, durant près de 3 siècles, tenue à l'écart de la vie de la régence d'Alger. Par les conquêtes de Mohammed El Kebir, la ville fut libérée de l'occupation ibérique. Une page de l'histoire d'Oran était tournée.

Une autre page s'ouvrait. En un court laps de temps, malgré le terrible tremblement de terre de 1791 et à travers les crises et les révoltes qui ensanglantèrent le beylik, les beys d'Oran et sa population parvinrent à dessiner un visage nouveau à la cité.

C'est dans cette même direction qu'elle allait se poursuivre pour devenir, après Alger, la seconde ville d'Algérie. Ce livre, écrit dans un style très libre, d'une façon très recherchée, décrit et relate un pan de l'histoire de la région d'Oran. Les mots et les silences disent le bien et le mal de la vie. Chacun à sa propre manière de les exprimer. Notre patrimoine est exceptionnellement riche. De nombreux écrivains algériens ou étrangers, célèbres ou moins célèbres, se distinguent par une production historique particulièrement prolifique, touchant à des thèmes patriotiques. La sauvegarde et la préservation de l'histoire est nécessaire aux générations montantes.

A travers ce livre, Bernard Caporal, bien que turc, semble être résolument convaincu du pouvoir de l'histoire, contre les explications simplificatrices et réductrices.

Notre identité est sacrée, notre histoire est somptueuse.Samira Sidhoum« Oran, capitale du beylik de l'Ouest (1792-1831) », Bernard Caporal, Editions Alpha, 607 pages. Prix public : 1.200 DA

 

4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 20:44
Du contrat social, Jean-Jacques Rousseau

Le Contrat Social de Rousseau, dont le titre complet est Du contrat social ou Principes du droit politique (1762) est une analyse de la relation contractuelle pour tout gouvernement légitime, de telle sorte que soient articulés les principes de justice et d’utilité, afin de concilier l’aspiration au bonheur avec la soumission à l’intérêt général. Il s’agit de l’ouvrage majeur de Jean-Jacques Rousseau, au coeur de sa philosophie.

Rousseau y exprime son idéal républicain en quatre parties :

– renonciation à nos droits naturels au profit de l’Etat, qui, par sa protection, conciliera l’égalité et la liberté

– le peuple tout-puissant sauvegarde, par le truchement d’un législateur, le bien-être général contre les groupements d’intérêts

– la démocratie doit maintenir sa pureté par des assemblées législatives

– création d’une religion d’Etat, ou religion civile.

Analyse du Contrat Social

Rousseau et la justice

Selon Rousseau, la justice ne peut pas se définir comme «le droit du plus fort». Si la justice était ainsi, les individus les plus puissants seront toujours les plus justes. La justice chez Rousseau consiste en l’harmonie des actes individuels avec l’autorité civile. Mais les individus ne sont contraints à agir que si l’autorité est légitime.

Afin de se protéger et de protéger leurs biens, les personnes s’accordent sur une relation contractuelle par laquelle les individus s’engagent à accepter diverses fonctions et obligations en échange des avantages offerts par la coopération sociale.

Rousseau et la volonté générale

Chaque individu peut avoir une volonté particulière différente de la volonté générale, mais dans le cadre du contrat, la volonté particulière peut être contrainte de se soumettre à la volonté générale. La volonté générale n’équivaut pas à la volonté de tous les individus, car ce n’est pas la somme de tous les intérêts particuliers. La volonté générale ne peut en effet être une somme des volontés individuelles dans la mesure où leur but est opposé, la première étant inspirée par le bien commun.

La souveraineté est la volonté générale. Ce souverain s’incarne dans le corps politique. La souveraineté, selon Rousseau, est inaliénable et indivisible, en ce sens une république qui divise sa souveraineté n’est plus une république et ne peut plus représenter l’intérêt public.

Afin de lutter contre des groupes d’individus voulant accaparer la volonté générale et la détourner à leur profit, Rousseau a imaginé de créer une institution uniquement orientée vers le bien commun : c’est le Législateur.

Rousseau utilise le terme de «république» pour désigner toute société régie par la loi ou qui est gouvernée par la volonté générale de son peuple. Un droit civil est un acte de la volonté générale, selon Rousseau, et la volonté générale doit être obéie par tous. Ainsi, l’obéissance à la loi civile est requise pour tous les individus par les termes du contrat social. Toutefois, l’institution du gouvernement n’est pas un contrat, mais un acte de la volonté générale.

En conséquence du contrat social, les lois civiles sont décidées par un vote majoritaire des magistrats qui sont élus pour représenter le peuple. La minorité qui s’oppose à la volonté de la majorité doit accepter tous les actes de la volonté générale, et il ne peut pas refuser de se soumettre à la volonté générale, sans violer les termes du contrat.

Le contrat social implique un abandon total et inconditionnel par chaque individu de ses propres droits naturels afin d’obtenir les droits associés à la citoyenneté. Il n’est pas nécessaire pour le pouvoir souverain de garantir la liberté civile et les droits juridiques de ses sujets, parce que ses intérêts sont identiques à ceux du peuple. Si quelqu’un refuse de se conformer à la volonté générale, le citoyen peut alors être forcé à se conformer par le corps politique : c’est le sens du fameux passage dans lequel Rousseau affirme que le citoyen peut être «forcé d’être libre».

Malgré tout, Rousseau avait conscience que la perfection du régime démocratique relevait d’un idéal politique : S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes […] Il n’a jamais existé de véritable démocratie et il n’en existera jamais”.

Il est certain que le Contrat Social est l’oeuvre la plus influence de la philo politique des Lumières.

Extraits du contrat social :

-“Il n’est pas bon que celui qui fait les lois les exécute, ni que le corps du peuple détourne son attention des vues générales pour les donner aux objets particuliers. Rien n’est plus dangereux que l’influence des intérêts privés dans les affaires publiques, et l’abus des lois par le gouvernement est un mal moindre que la corruption du législateur, suite infaillible des vues particulières. Alors, l’État étant altéré dans sa substance, toute réforme devient impossible. Un peuple qui n’abuserait jamais du gouvernement n’abuserait pas non plus de l’indépendance; un peuple qui gouvernerait toujours bien n’aurait pas besoin d’être gouverné.” (citations de Rousseau)

– “Le souverain, n’ayant d’autre force que la puissance législative, n’agit que par des lois; et les lois n’étant que des actes authentiques de la volonté générale, le souverain ne saurait agir que quand le peuple est assemblé. Le peuple assemblé, dira-t-on, quelle chimère! C’est une chimère aujourd’hui; mais ce n’en était pas une il y a deux mille ans. Les hommes ont-ils changé de nature?

– “s’il n’est pas impossible qu’une volonté particulière s’accorde sur quelque point avec la volonté générale, il est impossible au moins que cet accord soit durable et constant; car la volonté particulière tend, par sa nature, aux préférences, et la volonté générale à l’égalité. Il est plus impossible encore qu’on ait un garant de cet accord, quand même il devrait toujours exister; ce ne serait pas un effet de l’art, mais du hasard. Le souverain peut bien dire: «Je veux actuellement ce que veut un tel homme, ou du moins ce qu’il dit vouloir»; mais il ne peut pas dire: «Ce que cet homme voudra demain, je le voudrai encore», puisqu’il est absurde que la volonté se donne des chaînes pour l’avenir, et puisqu’il ne dépend d’aucune volonté de consentir à rien de contraire au bien de l’être qui veut. Si donc le peuple promet simplement d’obéir, il se dissout par cet acte, il perd sa qualité de peuple; à l’instant qu’il y a un maître, il n’y a plus de souverain, et dès lors le corps politique est détruit.”

10-18, 1966

 

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Du contrat social, Jean-Jacques Rousseau