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"Il ne s'agit pas tant de faire lire le lecteur que de le faire penser", Montesquieu

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Bagdad Mai 2002

4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 23:02
Fascisme et dictature de Nicos poulantzas

Fascisme et Dictature

Le fascisme est-il l'expression de la domination de la haute bourgeoisie ? la revanche de la classe moyenne ? une forme de désespoir ouvrier ? Nicos Poulantzas propose une analyse marxiste du fascisme considéré comme une forme spécifique de l'état d'exception dans une société capitaliste. Il s'appuie pour cela sur les deux exemples de l'Italie mussolinienne et de l'Allemagne hitlérienne. Son ouvrage apporte un éclairage original à l'un des problèmes les plus difficiles que soulève l'étude du fas...

Le fascisme est-il l'expression de la domination de la haute bourgeoisie ? la revanche de la classe moyenne ? une forme de désespoir ouvrier ? Nicos Poulantzas propose une analyse marxiste du fascisme considéré comme une forme spécifique de l'état d'exception dans une société capitaliste. Il s'appuie pour cela sur les deux exemples de l'Italie mussolinienne et de l'Allemagne hitlérienne. Son ouvrage apporte un éclairage original à l'un des problèmes les plus difficiles que soulève l'étude du fascisme : le rôle des diverses classes sociales dans une telle formation politique.

 

Maspero 1974

4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 22:38
Le malaise arabe. L’Etat contre la nation, Burhan Ghalioun

Un livre d'une figure intellectuelle laique de l'opposition syrienne...

 

 

Quelle malédiction a frappé le monde arabe ? Pourquoi ce monde, qui fut le siège d'une civilisation brillante, sombre-t-il aujourd'hui dans les guerres civiles, les dictatures sanguinaires, l'extrémisme et le repli sur soi ? Pourquoi ce monde doté de ressources naturelles considérables continue-t-il de se débattre dans les problèmes du sous-développement, échouant à assurer pour ses enfants le minimum de sécurité et de dignité ?

A contre-courant des analyses dominantes, qui cherchent dans le texte figé ou l'étude des mentalités un semblant d'explication, Burhan Ghalioun voit la clef de ce malaise arabe dans l'opposition entre deux logiques concurrentes : celle de l'Etat, qui trouve son impulsion dans une histoire mondialisée, et celle de la nation qui tend à se faire en dehors de l'Etat ou contre lui, et se trouve de ce fait affaiblie. Ainsi, les Etats arabes ont tout fait pour décomposer la société civile avant de tenter vainement de la recomposer à leur guise. Ils ont brisé les réseaux historiques d'échange et de solidarité - humain, culturel et matériel -, tout ce qui fonde une communauté vivante et nationale. Tandis que la modernité apparaît comme une aliénation, l'identité devient synonyme de réclusion, d'où ce rapport conflictuel de l'Arabe à sa propre histoire comme à celle de l'Occident.

Ainsi, conclut l'auteur, les problèmes complexes d'identité et de réconciliation avec le monde passent nécessairement par la transformation démocratique et le dépassement de tous les nationalismes fabriqués par l'Etat pour son seul usage répressif. Le monde arabe est victime de son Etat.
- Quatrième de couverture -

Le livre de Burhan Ghalioun analyse la formation des Etats arabes dans le contexte de l’effondrement de l’empire ottoman, à travers deux mouvements politiques essentiels. Un rationalisme moderniste - l’Egypte notamment - à l’origine du nationalisme et une doctrine religieuse - le wahhabisme entre autres - à l’origine du royaume d’Arabie saoudite et des principaux courants islamistes qui se heurtent aujourd’hui aux forces politiques et étatiques issues du nationalisme.

Mais la crise du monde arabe ne repose pas d’abord, selon l’auteur, sur l’histoire, la culture, la religion de cette région. Elle est due à la constitution d’Etats qui ont eu pour fonction dès le départ de contrôler les communautés, de les diviser, de les manipuler - colonialisme aidant.

4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 22:27
Surveiller et punir. Naissance de la prison, Michel Foucault

Peut-être avons-nous honte aujourd'hui de nos prisons. Le XIXe siècle, lui, était fier des forteresses qu'il construisait aux limites et parfois au cœur des villes. Elles figuraient toute une entreprise d'orthopédie sociale.


Ceux qui volent, on les emprisonne ; ceux qui violent, on les emprisonne ; ceux qui tuent, également. D'où vient cette étrange pratique et le curieux projet d'enfermer pour redresser? Un vieil héritage des cachots du Moyen Âge?

Plutôt une technologie nouvelle : la mise au point, du XVIe au XIXe siècle, de tout un ensemble de procédures pour quadriller, contrôler, mesurer, dresser les individus, les rendre à la fois «dociles et utiles». Surveillance, exercices, manœuvres, notations, rangs et places, classements, examens, enregistrements, toute une manière d'assujettir les corps, de maîtriser les multiplicités humaines et de manipuler leurs forces s'est développée au cours des siècles classiques, dans les hôpitaux, à l'armée, dans les écoles, les collèges ou les ateliers : la discipline.


Penser les relations de pouvoir aujourd’hui ne peut se faire sans prendre en compte l’ouvrage de Michel Foucault (1926-1984), devenu aussi indispensable à notre époque que le Léviathan de Hobbes le fut à l’époque moderne.

400 pages + 24 p. hors texte, 30 ill., sous couverture illustrée, 125 x 190 mm
Achevé d'imprimer : 08-04-1993

Genre : Études et monographies Thème : histoire /justice, législation, droit /philosophie, morale /sociologie, démographie Catégorie > Sous-catégories : Connaissance > Histoire - Justice, législation, droit - Philosophie, sciences cognitives - Sociologie, anthropologie, démographie
Époque : XXe siècle
ISBN : 9782070729685 - Gencode : 9782070729685 - Code distributeur : A72968

TELECHARGER LE LIVRE

Surveiller et punir. Naissance de la prison, Michel Foucault

4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 22:20

Objet d'une urbanisation sans précédent, le Chicago des années 1920 constitue un gigantesque " laboratoire social ".

Fascinés par le comportement de l'homme dans son nouveau milieu urbain, des sociologues, dont Robert Park, Ernest Burgess, Roderick Mackenzie, William Thomas et Louis Wirth, jettent les bases d'une " approche écologique de la ville ".

Groupes sociaux, territoires, ségrégation ; mobilité ; réseaux de relations, mentalités, sociabilité : pour la première fois, la ville est pensée comme société, comme culture et, finalement, comme état d'esprit.


Grâce à ces nouveaux concepts, les sociologues de Chicago se donnent pour objectif de produire des connaissances utiles au règlement des problèmes sociaux concrets, particulièrement ceux de l'assimilation de millions d'immigrants à la société américaine. Leurs méthodes de travail, annonçant la sociologie qualitative, vont profondément marquer la recherche sociologique. Cet ouvrage rassemble les textes fondateurs de ce courant, ainsi qu'un article de Maurice Halbwachs sur la croissance de Chicago et son caractère exemplaire de creuset ethnique et culturel, et des textes de Georg Simmel, qui esquissait, dès 1903, la spécificité d'une personnalité urbaine.

 

  • LA VILLE-LABORATOIRE ET LE MILIEU URBAIN
  • DISGRESSIONS SUR L'ETRANGER
  • METROPOLES ET MENTALITE
  • DEFINIR LA SITUATION
  • LA VILLE, PROPOSITIONS DE RECHERCHE SUR LE COMPORTEMENT HUMAIN EN MILIEU URBAIN
  • LA CROISSANCE DE LA VILLE, INTRODUCTION A UN PROJET DE RECHERCHE
  • L'APPROCHE ECOLOGIQUE DANS L'ETUDE DE LA COMMUNAUTE HUMAINE
  • LA VILLE COMME LABORATOIRE SOCIAL
  • LA VILLE, PHENOMENE NATUREL
  • LA COMMUNAUTE URBAINE : UN MODELE SPATIAL ET UN ORDRE MORAL

Date de parution : 03/06/2009

  • Editeur : Flammarion
  • Collection : Champs Essais
  • ISBN : 978-2-08-122663-0
  • EAN : 9782081226630
  • Format : Poche
  • Présentation : Broché
  • Nb. de pages : 377 pages
  • Poids : 0.275 Kg
  • Dimensions : 11,0 cm × 18,0 cm × 1,7 cm
3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 12:34
La question du pouvoir en Algérie, Abdelkader Yefsah

Abdelkader Yefsah étudie le processus de confiscation du pouvoir en Algérie par le FLN, un parti issu de la lutte pour l’indépendance.

Il en analyse les caractéristiques : avant-garde autoproclamée, dogme de l’unanimisme, « politique des coulisses » , etc., et surtout l’absence de projet de société, culturel et politique, menant à un ultranationalisme arabe qui fait fi de la diversité ethnique de la nation algérienne.

L’auteur se penche aussi sur la constitution des bourgeoisies nationales, privée ou d’Etat, et ses relations avec les choix politiques et économiques de l’Algérie.

 

1990, éditions ENAP, Algérie

Réédition du livre d’Abdelkader Yefsah, Histoire Politique de l’Algérie (1954-1984) chez Enag Editions. Cet ouvrage, s’avère être une véritable mine d’informations, qui fera le bonheur de tout chercheur, enseignant, étudiant ou tout esprit désireux de comprendre les racines du mal qui mine cette Algérie.

Paru initialement chez Enap Editions en 1990 (organisme d’Etat), année bouillonnante et riche en évènements, dans cette Algérie qui se cherchait dans la violence.

Par "chance", il fut édité en cette année où le pouvoir, dépassé par les évènements, avait peut-être omis de lancer les fourches caudines de la censure… Aux moments où ses gardiens du temple paraient au plus urgent.

Mais très vite épuisé, pour ceux qui l’ont raté, ce livre est à lire à plus d’un titre, pour la justesse de l’analyse, la rigueur de la recherche, et la richesse de son contenu.
Initialement intitulé «la question du Pouvoir en Algérie», on peut regretter ce changement, car cet ouvrage aurait dû garder son titre initial plus approprié au sujet traité…mais bon! Les temps changent et le régime revigoré, est plus vigilant qu’à l’époque.
Cet ouvrage, s’avère être une véritable mine d’informations, qui fera le bonheur de tout chercheur, enseignant, étudiant ou tout esprit désireux de comprendre les racines du mal qui mine cette Algérie.
Abdelkader Yefsah, chercheur, enseignant en sciences politiques, a su restituer de son travail de fourmi, une analyse et une prospective riches et pertinentes.
Dans un style clair et sans fioritures, l’auteur nous livrait sans aucune autocensure ni langue de bois, une analyse édifiante des mécanismes institutionnels et des événements politiques qui expliquent la stagnation, sinon la régression de l’Algérie d’aujourd’hui sur tous les plans.

Dans 480 pages, l’auteur passe au crible l’histoire politique et sociale de l’Algérie de 1954 à 1984, sans concessions ni aprioris, à l’image de sa franchise dans la vie.
Depuis la genèse du nationalisme algérien, puis l’indépendance avec le FLN et l’armée au pouvoir, jusqu'à l’émergence de l’état nation embryonnaire sous Boumediene, très vite brouillés par l’intrusion d’autres forces politiques, religieuses et économiques, l’ouvrage nous donne les clés de la genèse du mal .
Son analyse est implacable, alors que le diagnostic s’est vérifié, et se confirme encore sous nos yeux, soit 25 ans après. L’Algérie n’est pas un "Etat", c’est un "Régime" qui se maintient par la force et la ruse.
Les institutions sont passées à la loupe, à l’aune des guerres de clans pour le pouvoir (qui ont provoqué la décennie noire)… qui perdurent jusqu’à présent, plus virulentes que jamais.
Ce livre, s’avère non seulement un bon rétroviseur sur le passé, mais aussi un outil utile pour analyser le présent et appréhender l’avenir.
Un livre à lire, à posséder, et à ne prêter que parcimonieusement.

S.Ouidir

P.S. D’après l’éditeur de l’époque, les premiers exemplaires vendus, ont été commandé par l’ambassade des USA et de la Sécurité Militaire (mère du DRS et grand-mère de l’actuelle DSS)

4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 21:53
Sur l'antisémitisme  Les origines du totalitarisme  Hannah Arendt

Ce livre constitue une tentative de compréhension de faits qui, au premier coup d’œil, et même au second, semblaient simplement révoltants.

Comprendre, toutefois, ne signifie pas nier ce qui est révoltant et ne consiste pas à déduire à partir de précédents ce qui est sans précédent […]. Cela veut plutôt dire examiner et porter en toute conscience le fardeau que les événements nous ont imposé, sans nier leur existence ni accepter passivement leur poids, comme si tout ce qui est arrivé en fait devait fatalement arriver. »

Hannah Arendt

 

Sur l’antisémitisme est la première partie de l’œuvre magistrale de Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme (New York, 1951), qui inclut aussi L’Impérialisme (« Points Essais » n° 356) et Le Système totalitaire (« Points Essais » n° 307).

 

Hannah Arendt (1906-1975)

Élève de Heidegger et de Jaspers, elle s’exile aux États-Unis en 1941. Elle y enseignera la philosophie et les sciences politiques dans les universités les plus prestigieuses.

3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 12:58
Marcuse, par André Nicolas

Biographie et analyse de la pensée d'Herbert Marcuse par André Nicolas.

1970 - Editions Seghers

Herbert Marcuse, né le à Berlin et mort le à Starnberg (Bavière), est un philosophe, sociologue marxiste, américain d'origine allemande, membre de l'École de Francfort avec Theodor Adorno et Max Horkheimer.

  • Contrairement à Freud, qui voyait dans le principe de réalité la nécessité de la sublimation répressive des désirs, Marcuse – à la suite de la lecture de Marx – dénonce l'inhumanité du principe de réalité répressif, qui n'est autre que le principe de réalité de la société en place. Il préconise, au contraire, l'éclosion des désirs, la transformation de la sexualité en Eros, l'abolition du travail aliéné et l'avènement d'une science et d'une technique nouvelles, qui seront au service de l'être humain. Il ne remet pas en question l'essentiel des théories freudiennes, il les complète, plutôt, en les adaptant à son temps et en les libérant d'une conception bourgeoise de la société pour les rendre émancipatrices et véritablement universelles. En revanche, il critique le révisionnisme néo-freudien, qui tend à édulcorer le caractère subversif des découvertes de Freud. Marcuse va néanmoins beaucoup plus loin que Freud lorsqu'il tente de penser une « sublimation non répressive ». Marcuse est important pour les mouvements écologistes aujourd'hui, car il fut l'un des rares à penser qu'une société non-répressive impliquait aussi un changement dans les techniques, là où Marx pensait qu'un changement dans les rapports de production était suffisant.
  • La répression du désir inhérente à toute culture (par le principe de réalité soumis aux exigences sociales [6]) est allée au-delà du nécessaire pour répondre à de faux besoins (principe de rendement, faux rêves de la publicité). Elle engendre une sur-répression qui réveille, accumule et détourne la destructivité des hommes, et donne ainsi au principe de Nirvana une dimension mortifère, qui menace l'humanité tout entière.
  • Der deutsche Künstlerroman (1922) : thèse de doctorat étudiant les relations entre l’art et la société
  • Hegels Ontologie und die Theorie der Geschichtlichkeit (1932) : travail sous la direction de Martin Heidegger.
  • Fondements du matérialisme historique (1932)
  • Concept de travail (1933)
  • Der Kampf gegen den Liberalismus in der totalitären Staatsauffassung (1934)
  • Autorität und Familie in der deutschen Soziologie bis 1933 (1936)
  • Reason and Revolution (1941) : ouvrage tentant d’expliquer le fascisme à partir de l’évolution du capitalisme, et prenant appui sur le concept weberien de rationalisation de la société
  • Eros and Civilization (1955). Trad. fr. 1958 Éros et civilisation : ouvrage engagé pour une société non répressive. De nombreuses formes de travail sont aujourd'hui obsolètes, ce qui crée les conditions de nouveaux modes de liberté.

Dans ces deux livres, Marcuse soutient que la rationalité technologique organise chaque secteur de la société (culture, politique, social, économie) pour qu’ils suivent le principe idéologique essentiel de la productivité matérielle. La vie personnelle se replie alors sur des modes de vie uniformes et non contestataires.

Période d'espoir d'un renouveau de la critique sociale devant le succès politique des mouvements étudiants contestant la politique étrangère américaine.

  • Repressive Tolerance (1965)
  • Negations (1968)
  • Das Ende der Utopie (1968) La fin de l'utopie (1968) — Compte-rendu des débats organisés par le Comité des étudiants de l'Université libre de Berlin-ouest du 10 au 13 juillet 1967.
  • Ideen zur einer kritischen Theorie der Gesellschaft (1969) Pour une théorie critique de la société (1971)
  • An Essay on Liberation. Vers la libération (1969)
  • Counterrevolution and Revolt (1972) Trad. fr. Contre-révolution et révolte

Marcuse rejoint à la fin de sa vie une optique pessimiste. L'esthétique est une forme de liberté, ultime refuge contre la soumission de l'homme au système répressif.

  • The Aesthetic Dimension. Trad. fr. La dimension esthétique (1978)
2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 17:33
Les methodes en sociologie, Raymond Boudon, QSJ 1331

Les méthodes en sociologie

Comment décrire les phénomènes sociaux ? Comment les expliquer ensuite ? L'analyse causale, l'individualisme méthodologique, la rationalité cognitive constituent les trois grandes méthodes sociologiques. Elles sont décrites avec clarté et illustrées par de nombreux exemples dans cette nouvelle édition de cet ouvrage de référence.

karim.farouk.lakjaa - dans Sociologie Méthodes Ma bibliothèque
4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 20:29
Les conditions de l'esprit scientifique, Jean Fourastié

 

256 pages, sous couverture illustrée, 108 x 178 mm

Collection Idées (n° 96), Gallimard Parution : 11-02-1966

Genre : Études et monographies Thème : philosophie, morale /sciences en général Catégorie > Sous-catégories : Connaissance > Philosophie, sciences cognitives - Sciences en général
Époque : XXe siècle
ISBN : 2070350967 - Gencode : 9782070350964 - Code distributeur : A35096

Texte à télécharger ci-dessous

 

Les conditions de l'esprit scientifique, Jean Fourastié

4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 20:44
Du contrat social, Jean-Jacques Rousseau

Le Contrat Social de Rousseau, dont le titre complet est Du contrat social ou Principes du droit politique (1762) est une analyse de la relation contractuelle pour tout gouvernement légitime, de telle sorte que soient articulés les principes de justice et d’utilité, afin de concilier l’aspiration au bonheur avec la soumission à l’intérêt général. Il s’agit de l’ouvrage majeur de Jean-Jacques Rousseau, au coeur de sa philosophie.

Rousseau y exprime son idéal républicain en quatre parties :

– renonciation à nos droits naturels au profit de l’Etat, qui, par sa protection, conciliera l’égalité et la liberté

– le peuple tout-puissant sauvegarde, par le truchement d’un législateur, le bien-être général contre les groupements d’intérêts

– la démocratie doit maintenir sa pureté par des assemblées législatives

– création d’une religion d’Etat, ou religion civile.

Analyse du Contrat Social

Rousseau et la justice

Selon Rousseau, la justice ne peut pas se définir comme «le droit du plus fort». Si la justice était ainsi, les individus les plus puissants seront toujours les plus justes. La justice chez Rousseau consiste en l’harmonie des actes individuels avec l’autorité civile. Mais les individus ne sont contraints à agir que si l’autorité est légitime.

Afin de se protéger et de protéger leurs biens, les personnes s’accordent sur une relation contractuelle par laquelle les individus s’engagent à accepter diverses fonctions et obligations en échange des avantages offerts par la coopération sociale.

Rousseau et la volonté générale

Chaque individu peut avoir une volonté particulière différente de la volonté générale, mais dans le cadre du contrat, la volonté particulière peut être contrainte de se soumettre à la volonté générale. La volonté générale n’équivaut pas à la volonté de tous les individus, car ce n’est pas la somme de tous les intérêts particuliers. La volonté générale ne peut en effet être une somme des volontés individuelles dans la mesure où leur but est opposé, la première étant inspirée par le bien commun.

La souveraineté est la volonté générale. Ce souverain s’incarne dans le corps politique. La souveraineté, selon Rousseau, est inaliénable et indivisible, en ce sens une république qui divise sa souveraineté n’est plus une république et ne peut plus représenter l’intérêt public.

Afin de lutter contre des groupes d’individus voulant accaparer la volonté générale et la détourner à leur profit, Rousseau a imaginé de créer une institution uniquement orientée vers le bien commun : c’est le Législateur.

Rousseau utilise le terme de «république» pour désigner toute société régie par la loi ou qui est gouvernée par la volonté générale de son peuple. Un droit civil est un acte de la volonté générale, selon Rousseau, et la volonté générale doit être obéie par tous. Ainsi, l’obéissance à la loi civile est requise pour tous les individus par les termes du contrat social. Toutefois, l’institution du gouvernement n’est pas un contrat, mais un acte de la volonté générale.

En conséquence du contrat social, les lois civiles sont décidées par un vote majoritaire des magistrats qui sont élus pour représenter le peuple. La minorité qui s’oppose à la volonté de la majorité doit accepter tous les actes de la volonté générale, et il ne peut pas refuser de se soumettre à la volonté générale, sans violer les termes du contrat.

Le contrat social implique un abandon total et inconditionnel par chaque individu de ses propres droits naturels afin d’obtenir les droits associés à la citoyenneté. Il n’est pas nécessaire pour le pouvoir souverain de garantir la liberté civile et les droits juridiques de ses sujets, parce que ses intérêts sont identiques à ceux du peuple. Si quelqu’un refuse de se conformer à la volonté générale, le citoyen peut alors être forcé à se conformer par le corps politique : c’est le sens du fameux passage dans lequel Rousseau affirme que le citoyen peut être «forcé d’être libre».

Malgré tout, Rousseau avait conscience que la perfection du régime démocratique relevait d’un idéal politique : S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes […] Il n’a jamais existé de véritable démocratie et il n’en existera jamais”.

Il est certain que le Contrat Social est l’oeuvre la plus influence de la philo politique des Lumières.

Extraits du contrat social :

-“Il n’est pas bon que celui qui fait les lois les exécute, ni que le corps du peuple détourne son attention des vues générales pour les donner aux objets particuliers. Rien n’est plus dangereux que l’influence des intérêts privés dans les affaires publiques, et l’abus des lois par le gouvernement est un mal moindre que la corruption du législateur, suite infaillible des vues particulières. Alors, l’État étant altéré dans sa substance, toute réforme devient impossible. Un peuple qui n’abuserait jamais du gouvernement n’abuserait pas non plus de l’indépendance; un peuple qui gouvernerait toujours bien n’aurait pas besoin d’être gouverné.” (citations de Rousseau)

– “Le souverain, n’ayant d’autre force que la puissance législative, n’agit que par des lois; et les lois n’étant que des actes authentiques de la volonté générale, le souverain ne saurait agir que quand le peuple est assemblé. Le peuple assemblé, dira-t-on, quelle chimère! C’est une chimère aujourd’hui; mais ce n’en était pas une il y a deux mille ans. Les hommes ont-ils changé de nature?

– “s’il n’est pas impossible qu’une volonté particulière s’accorde sur quelque point avec la volonté générale, il est impossible au moins que cet accord soit durable et constant; car la volonté particulière tend, par sa nature, aux préférences, et la volonté générale à l’égalité. Il est plus impossible encore qu’on ait un garant de cet accord, quand même il devrait toujours exister; ce ne serait pas un effet de l’art, mais du hasard. Le souverain peut bien dire: «Je veux actuellement ce que veut un tel homme, ou du moins ce qu’il dit vouloir»; mais il ne peut pas dire: «Ce que cet homme voudra demain, je le voudrai encore», puisqu’il est absurde que la volonté se donne des chaînes pour l’avenir, et puisqu’il ne dépend d’aucune volonté de consentir à rien de contraire au bien de l’être qui veut. Si donc le peuple promet simplement d’obéir, il se dissout par cet acte, il perd sa qualité de peuple; à l’instant qu’il y a un maître, il n’y a plus de souverain, et dès lors le corps politique est détruit.”

10-18, 1966

 

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Du contrat social, Jean-Jacques Rousseau